Je ne peux plus comme avant.
Mes mains, jadis outils dociles,
trébuchent sur l’élan du faire,
et mon poignet, tendu raide
Me guide vers une autre forme d ‘ aide
Il y a dans la douleur
une musique que je n’entendais pas.
Un soupir long comme une prière,
des larmes, gouttes d’un ancien combat
que je n’ai pas su pleurer jusqu’à là.
Il me faut poser d’autres gestes,
des gestes qui naissent du dedans,
plus présents , plus vrais, presque lents,
comme si chaque mouvement
devait s’accorder à l’âme du patient .
J aurai d autres outils .
Car je forgerai dans le feu de l’écoute,
des instruments tissés de silence,
d’attention pure, de mains ouvertes,
pour toucher sans blesser,
pour guérir sans forcer.
Et si parfois le corps résiste,
c’est qu’il pleure encore dans ses plis.
Mais je l’aime ainsi, fêlé, vivant,
car c’est en ses craquelures, doucement,
que se glisse la lumière des commencements.